'exploitation du fer en Andorre a commencé vers 860 et s'achève vers 1870, soit près de mille ans d'histoire que nous allons retracer en quelques lignes.
Les premières données historiques de l'exploitation du fer en Andorre datent de 860. Dans un document de l'Empereur Charles le Chauve, on apprend que l'Empereur accorde à l'évêque Guisart d'Urgell la dîme sur le fer et la résine d'Andorre.

              n 1748, Antoni Fiter i Rossell, docteur en Droit, rédige le premier manuscrit sur l'histoire de l'Andorre : le "Manual Digest" qui mentionne déjà que l'on travaille le fer en 5 forges. Il est probable que ces forges se sont développées sur le modèle des moulines du Comté de Foix dont on note l'existence dès le XIV ème siècle. Le développement de l'industrie du fer en Andorre est très étroitement lié à celui de l'Ariège. En 1767, la France a accordé le permis d'extraire le minerai de fer des mines du Vicdessos, au Nord, et de la vallée de Querol, au Sud Est, pour alimenter les forges andorranes.

              ocalement, le conseil de la paroisse de Canillo, en 1771 , délègue à Guillem d'Areny Gallart la faculté d'extraire le minerai de la montagne de la Coma de Ransol, située à 2700m d'altitude, pour moitié à la forge d'Ordino et pour l'autre moitié aux forges d' El Serrat et d'Encamp ; les forges ayant l'obligation de payer 60 Livres par an.

              es forges utilisaient l'énergie hydraulique et étaient installées près des rivières, situées donc très loin des mines de fer, et on était obligé de descendre le minerai à dos d'âne. On employait du charbon de bois pour la réduction du minerai. Celui-ci était traité par le procédé dit de la forge catalane , très généralisé – en Catalogne, et ailleurs – avant la diffusion des hauts-fourneaux industriels. Le métal en fusion était malaxé par un puissant martinet, qui pouvait atteindre un poids de 500 kg, mis en action par l'énergie hydraulique. Le fer, qu'on obtenait presque pur de scories, sortait de la forge en forme de barres. La production s'adressait essentiellement aux vallées.

              endant la première moitié du XIXe siècle, les forges andorranes fonctionnèrent normalement, mais leur rendement devenait de moins en moins intéressant. L'exploitation de la mine située à 2700m ne pouvait se faire que durant les mois d'été et le transport du minerai vers les forges situées 1000m plus bas augmentait le coût de l'exploitation.

              our ces raisons, l'exploitation difficile et coûteuse fut peu à peu abandonnée. Les forges de Les Escaldes furent emportés en 1837 par un débordement de la rivière Madriu et ne furent pas reconstruites. Celle d'El Serrat fut également détruite par une inondation, trois ou quatre ans après. L'eau qui avait fait vivre les forges les a finalement détruites.

              e coup de grâce fut porté par la révolution industrielle de la fin du XIX ème siècle. Le principal concurrent de la métallurgie du pays de Foix fut le centre de Decazeville (Aveyron) qui était davantage industrialisé et avait en même temps que le fer de la houille sur place. Prospère dès 1826, il subira plus tard la concurrence de régions encore plus industrialisées de l'Est et du Nord de la France.

              ujourd'hui, l'Andorre se penche sur son passé et, consciente de la valeur de son patrimoine industriel-même modeste-, remet en état la "farga Rossell" située entre La Massana et Ordino .

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