Téléphonie par satellites : LE CRASH
Rien ne va
plus dans le monde de la téléphonie par satellite.
Iridium, le premier opérateur de téléphonie cellulaire
par satellite, a d'abord connu un démarrage commercial
au ralenti puis des pertes record. Résultat : un dépôt
de bilan au mois d'août 1999 et un arrêt officiel des activités le 18 mars 2000.
D'après Science et Vie
Micro de Juillet-Août 1999, les clients n'ont pas
afflué en nombre ( une dizaine de milliers d'abonnés )
et des contraintes très lourdes d'exploitation du
réseau, comme la nécessité de relancer une
constellation de satellites tous les cinq ans, ont
précipité la faillite de l'opérateur de téléphonie.
Motorola, à lorigine de ce projet, na pas
réussi à convaincre les investisseurs, et les clients
potentiels ont été découragés par les prix des
équipements.
Après
Iridium, le 13 août, c'est au tour d'ICO de déposer le bilan et de se
placer sous la protection du chapitre 11 du code
américain des faillites. Cette procédure permet aux
entreprises de poursuivre leur activité sans avoir à
honorer les intérêts de leur dette. Celle d'Iridium
approche actuellement 1,5 milliards de dollars ( 9,3
milliards de francs ). ICO, quant à lui, ne peut faire
face à des engagements financiers de 600 millions de
dollars ( près de 4 milliards de francs ), alors qu'il
n'a pas encore lancé le moindre satellite. Les coûts
d'exploitation, les tarifs de communication ( plus de 10
F la minute ) et le succès du GSM expliquent en partie ces deux
désastres. Ces deux projets n'avaient peut-être pas
été suffisamment mûris. Cela doit inciter les
protagonistes du projet Skybrigde a une plus grande
prudence.
 | SkyBridge a
été lancé par Alcatel, assez tôt rejoint par d'autres
partenaires industriels ou actionnaires: Loral Espace
& Communication et EMS Technologies (Etats-Unis) ;
COM DEV (Canada) ; Mitsubishi Electrique, Sharp et
Toshiba (Japon) ; SRIW (Belgique) ; THOMSON multimédia,
le CNES et la SNECMA (France). |
L'objectif
de SkyBridge est d'offrir un accès mondial aux services
en ligne à une clientèle professionnelle et privée.
Les services seront fournis localement par des
opérateurs nationaux ou régionaux avec des performances
comparables à celles des technologies large bande
terrestres.
En plus de
l'accès à Internet, SkyBridge proposera des fréquences
pour d'autres types de services interactifs en temps
réel à près de 60 Mbps, tels le télétravail, la
vidéoconférence de haute qualité, ou des services de
loisirs (jeux vidéo)...L'aspect multimédia du projet,
ainsi que le débit élevé des transmissions a séduit
l'éditeur de jeux vidéo Kalisto.
Kalisto,
crée et produit des jeux pour PC et consoles, et
développe des versions en ligne qui nécessitent des
temps de propagation du signal très courts pour
permettre l'interactivité entre les joueurs. Or
aujourd'hui, le développement des jeux en ligne se
trouve limité par les capacités des réseaux de
télécommunication. En effet, même si les opérateurs
investissent massivement dans les infrastructures de
transmission à très haut débit par fibre optique, le
dernier kilomètre de connexion à l'abonné final reste
un véritable goulet d'étranglement.
SkyBridge
est l'une des solutions à même de résoudre ce
problème. Prévu à l'origine à 64 satellites, c'est
une constellation de 80 satellites en orbite basse qui
permettra aux opérateurs de télécommunications locaux
de proposer un large éventail de services interactifs
multimédia à plus de 20 millions d'utilisateurs,
professionnels ou particuliers, dans le monde entier.
La
première étape du projet a été de résoudre les
problèmes techniques d'attribution de bandes de
fréquence. Après deux années de recherche technique
intensive au sein de l'UIT ( Union Internationale des
Télécommunications ), les participants -85 pays et 30
opérateurs de télécommunications- se sont mis d'accord
sur les limites de puissance et la réglementation qui
administreront le partage des fréquences de la gamme
10-18 GHz entre des systèmes innovateurs
non-géostationnaires ( comme Skybridge ) et les
systèmes géostationnaires ou de services fixes
terrestres existants.
Le coût
estimé de ce projet est d'environ 3,5 milliards de
dollars ( soit plus du double d'Iridium ). Les fonds
pourraient être réunis par une combinaison d'émission
d'actions et d'emprunts. Alcatel souhaite mettre ce
système en place en partenariat avec des opérateurs,
des industriels et des fournisseurs de service, et a
d'ores et déjà entamé des discussions avec des
industriels des domaines spatiaux, des
télécommunications et de l'informatique . La recherche
de partenaires locaux et régionaux a, dans certains cas,
abouti. C'est ainsi que le Liban s'est associé au projet
et devrait assurer le déploiement de Skybridge au Moyen
et Proche Orient. L'australien Telstra a signé un accord
de principe suivant lequel il deviendrait actionnaire et
fournisseur de services en Australie, Nouvelle Zélande
et Asie du Sud Est.
Le choix de
Bear Stearns comme conseiller financier pour la deuxième
phase de ce projet de 3,5 milliards de dollars devrait
permettre l'aboutissement du projet. En effet, cette
banque d'investissement a une solide expérience du
financement des projets spatiaux.
Néanmoins,
les risques financiers, Iridium l'a prouvé, sont réels.
C'est pourquoi Skybridge a confié le "risk
management" de sa constellation de satellites à
Cecar & Juteau filiale française du groupe
américain Marsh & McLennan qui est le n°1 mondial
du courtage d'assurances pour la gestion des risques
industriels dans le secteur spatial. Cecar & Jutheau
est également leader dans ce domaine en France et en
Europe.
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Skybridge
devrait être opérationnel en 2001. |  |
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Teledesic,
le projet de Craig MacCaw un pionnier du téléphone
cellulaire, est soutenu par Bill Gates et la société
Boeing. Il comprend 288 satellites d'une valeur estimée
à 9 milliards de dollars aussi bien en orbite basse
( LEO ) qu'en orbite géostationnaire.
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Teledesic
n'a pas pour ambition de devenir un fournisseur d'accès
internet mais voudrait fournir une
"infrastructure" ( dans ce cas,
"suprastructure" serait peut-être mieux
adapté ) à un consortium d'entreprises spécialisées
dans la vidéo-conférence et les communications vocales
et numériques. |  |
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Le projet
Celestri est soutenu par MOTOROLA. Il sera le plus
coûteux en définitive à cause de la présence de
satellites GEO plus nombreux. Ce programme se consacrera
essentiellement à la transmission de la voix et de la
vidéo. |
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Comme
Skybridge et Teledesic, Celestri assurera une
infrastructure technique à des sociétés ( fournisseur
d'accès Internet par ex. ) qui se chargeront de la
commercialisation des services. |  |
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